Le stade Auguste Delaune est-il maudit pour le PSG ? Lors de ses 13 déplacements en Champagne, Paris s'est incliné à 7 reprises et a encaissé 34 buts (moyenne : 2,42 !) pour seulement deux succès...
Retour sur des matches hors norme, avec des sextuplés, des buts gag, des pannes d'électricité ou des retournements de situations improbables... Ca c'est Paris !!
acte 1, 14 février 1971 : Reims - PSG 2-0, amical
Alors que le PSG se bat pour accéder en première division, les Parisiens participent à un match amical et s'inclinent logiquement sur le score de 2-0.
acte 2 , 23 janvier 1972 : PSG - Valenciennes 0-1, 32eme de finale de la Coupe de France
Le PSG joue à Reims face au leader du championnat de seconde division et domine en première période, mais le jeune gardien de but nordiste Dominique Dropsy
semble imbattable...
Paris domine et se fait surprendre sur une action incroyable : Rostagni veut
transmettre en retrait à Choquier, le gardien parisien dégage directement sur
l'attaquant Joseph qui contre le ballon et marque involontairement (68eme).
Abattu par la malchance, l'entraîneur Pierre Phelipon ne veut pas regarder les dernières minutes
de la rencontre. Paris attaque, mais rien n'y fait. Le PSG est éliminé et
quitte la Coupe de France par la petite porte. Malgré cette élimination, les
supporters parisiens forment une haie d'honneur pour remercier leurs joueurs à
la fin de la rencontre. Phelipon est très déçu au coup de sifflet final :
"Le résultat est très dur pour nous. Je reste persuadé que si l'on
renouvelle des matches pareils, nous nous en sortirons. Je n'ai aucun reproche
à faire, tous les gars se sont bien battus."
Joseph (à droite) face à Angers
acte 3, 1er avril 1972 : Reims - PSG 3-3, championnat
Match de mal classés entre Reims (18eme) et le PSG (15eme), séparés par deux petits points au classement. La rencontre tient toutes ses promesses : Michel Prost ouvre le score pour
Paris (18eme) puis Jacky Rémond, de la tête double la mise sur un centre de Prost
(23eme). Rémond, blessé au début du match, joue avec un bandeau et tient
courageusement sa place même si cette entaille à l'arcade sourcilière lui
coûtera quatre points de suture après la rencontre... Malgré cet avance, le PSG
se fait rattraper et devancer en seulement onze minutes ! Onnis réduit le score
de la tête (23eme), devance Delhumeau et égalise en force (29è) puis profite
d'une erreur de Djorkaeff et Delhumeau pour marquer sur penalty (33eme). Malgré
ce "coup du chapeau" du buteur argentin, le PSG n'a pas dit son dernier mot et Guignedoux égalise logiquement (73eme)
et donne un point précieux à Paris pour la fin de saison. Phelipon, soulagé au
coup de sifflet final, déclare : "Nous voyons la fin du tunnel, mais
avouez que nous méritons ce point, que nous avons failli perdre bêtement. La
réaction de mon équipe en seconde période m'a plu".
L'ancien gloire du Stade, Just Fontaine, est de retour à Reims. Le match est un cauchemar pour le PSG et sa défense en ligne : Paris est largement battu par Reims 7/2 (buts de Jean Deloffre et
Othniel Dossevi pour Paris). Le jeune gardien de but Jacki Planchard est titulaire dans les
buts mais la mauvaise nouvelle du jour, c'est la blessure de Jean-Pierre Dogliani (claquage
à la cuisse) après celle de Louis Cardiet quelques jours plus tôt. Le capitaine
parisien sera absent pour plusieurs semaines...
acte 5, 7 mai 1974 : Reims - PSG 2-2, 1/4 de finale retour de la Coupe de France
Le
PSG se déplace en Champagne pour l'honneur, après avoir perdu le match aller au Parc des Princes sans appel, sur le score de 5-0, avec un triplé de Carlos Bianchi... Reims mène rapidement au score grâce à des buts de Zywica (9eme) et
Richard (23eme) mais Paris ne veut pas quitter la compétition sur un échec. M'Pelé
réduit le score sur penalty (37eme) puis le PSG égalise logiquement sur un
exploit de son attaquant André : après avoir dribblé Laraigné et Aubour,
l'ailier parisien n'a plus qu'à pousser le ballon dans le but vide (55eme). Paris
fait jeu égal avec son adversaire et quitte la pelouse la tête haute, sous les
applaudissements du public. Après la pause, Le match a été interrompu 23
minutes suite à un panne d'électricité, mais tout est finalement rentré dans
l'ordre.
acte 6, 9 août 1974 : Reims - PSG 6-1, championnat
Le PSG a débuté le championnat par une victoire à Sochaux et se déplace à Reims plein d'espoirs pour les grands débuts de Mustapha Dahleb à Paris. Le gardien Ilija Pantelic est blessé au genou, remplacé par Jacki Planchart. Les Parisiens débutent bien et ouvrent
la marque par M'Pelé suite à un centre parfait de Dogliani (16eme).
Malheureusement, la suite du match est un cauchemar pour la défense du PSG qui
encaisse dix buts (six validés, quatre annulés pour hors-jeu). Le Rémois Carlos
Bianchi marque deux fois avant la pause (24eme et 38eme) sur des erreurs défensives
et une défense en ligne bien mal assimilée. Après la pause, M'Pelé tire sur le
poteau (46eme) et rate la balle d'égalisation. C'est le tournant du match. La
suite de la rencontre se résume à un festival de Carlos Bianchi, auteur
de quatre buts de son équipe (46eme, 52eme, 65eme, 69eme), ce qui porte son total sur
la rencontre à six ! C'est la deuxième fois en trente ans (Keita avait fait
aussi bien avec Saint-Etienne en 1971) qu'un joueur réussit cet exploit. Pour
Jacky Planchart, le gardien remplacant, les matchs contre Reims se suivent et
se ressemblent : il a encaissé... vingt buts en quatre rencontres face aux Rémois (sept buts en Coupe de France et sept en amical la saison dernière). La
défense en ligne chère à Fontaine n'est pas encore une réussite mais
l'entraîneur parisien reste inflexible : "Il n'est pas question de revenir
sur notre système de jeu. Mes joueurs ont joué avec la peur au ventre, c'est
l'unique raison de cette défaite."
acte 7, 7 juin 1975 : Lens - PSG 3-2, 1/2 finale de la Coupe de France
Le match est capital pour Paris : si le PSG s'impose à Reims, il se qualifie pour la finale de la Coupe de France... et pour la Coupe d'Europe des vainqueurs de coupe : l'adversaire en finale, Saint-Etienne, est déjà assuré d'être champion de France. Cela
se présente mal pour Paris : Jacky Bade est absent après un drame familial, Jean-Pierre Dogliani s'est blessé à la clavicule) et Mustapha Dahleb souffre du genou). Just Fontaine est pour sa part très affecté par la crise cardiaque de
son père quelques jours avant la rencontre : difficile de trouver une
préparation plus difficile avant une rencontre capitale... 4.000
supporters parisiens ont fait le déplacement, mais le combat est inégal face
aux 16.000 Lensois. Après un premier sauvetage de Pantelic face à Bousdira
(15eme), Kaiser s'échappe mais Eric Renaut s'interpose. A la stupéfaction
générale, l'arbitre siffle un penalty douteux transformé par Faber (18eme).
Malgré ce coup du sort, Paris réagit : M'Pelé déborde et tire en force.
Sa frappe croisée à ras de terre ne laisse aucune chance à Lannoy (32eme). Paris se rapproche de la finale en fin de rencontre : sur un centre de Bauda,
Laposte catapulte de la tête le ballon dans les filet (82eme). Le PSG doit tenir
huit minutes, mais Lens égalise sur une faute grossière de Marella et un
coup-franc rapidement joué pour Faber qui égalise (84eme). On doit jouer les
prolongations, Zuraszek part à la limite du
hors-jeu et donne un avantage décisif aux Nordistes (100eme). Les
joueurs parisiens sont inconsolables, comme l'explique Jacki Laposte :
"Nous faisons une nouvelle fois le cadeau d'un but à notre adversaire.
Notre équipe, c'est le Père Noel du football français !" Le PSG attendra sept ans pour découvrir l'Europe...
acte 8, 13 août 1975 : Reims - PSG 1-1, championnat
Le PSG est de retour à Reims deux mois après son cruel échec en Coupe de
France et veut se rassurer après un premier match catastrophique à
Bastia (0-3). Reims ouvre pourtant rapidement le score sur un but de
l'inévitable Carlos
Bianchi (18eme) et on craint un nouveau naufrage du PSG, comme la saison
précédente (1-6). Paris réagit et égalise juste après la pause :
Dogliani sert Piasecki qui amorti puis transmet à Floch. L'attaquant
parisien,
seul aux six mètres, n'a aucun mal à égaliser (48eme). Le PSG domine
outrageusement la fin du match, M'Pelé dans les dernières
secondes hérite d'une balle perdue mais tire au dessus alors qu'il se
trouvait
à six mètres des buts (90eme). Paris a manqué le coche mais remporte son
premier
point de la saison.
acte 9, 18 février 1977 : Reims - PSG 2-3, championnat
Le
jeune attaquant algérien Rida Ali Messaoud (20 ans, 20 sélections) bénéficie de
l'absence d'Humberto et débute avec le PSG. Paris prend
rapidement le match en main : Piasecki après un échange avec Pilorget ouvre
le score d'une frappe aux quinze mètres (26eme). Trois minutes plus tard, Laposte
s'enfonce sur l'aile et centre vers Redon au second poteau qui n'a aucun mal à
doubler la mise (29eme). Reims réduit le score juste après la pause mais
Dahleb après un double une-deux avec M'Pelé redonne deux buts d'avance à son
équipe (53eme). Reims revient à la marque sur un but de Carlos Bianchi (56eme),
lorsque le match est arrêté définitivement à la 75ème minute suite à une panne
d'éclairage. Daniel Hechter demande l'homologation du résultat : "Je ne
crois pas qu'on puisse nous faire rejouer. Les circonstances étaient en notre
faveur : nous menions au score à un quart d'heure de la fin. Il serait injuste
de nous priver de ce but d'avance". Après de nombreux recours, le PSG aura finalement gain de cause... 83 jours plus tard !
acte 10, 3 décembre 1977 : Reims - PSG 0-0, championnat
Sur une pelouse glacée, le PSG adopte
une tactique d'extrème prudence. La barre sauve Paris sur un tir du rémois
Betta (67eme), Bernard réussit une parade exceptionnelle en détournant une frappe
de Polaniok (74eme) et le PSG obtient logiquement le point du match nul,
écoeurant les attaquants rémois en pratiquant à la perfection la défense en
ligne. Carlos Bianchi, pour son retour à Reims a vécu une soirée difficile : un
avertissement pour contestation sur la seule occasion de but parisienne (un
coup-franc trop rapidement frappé) et les sifflets d'un public qui a la mémoire
courte... L'entraîneur Jean-Michel Larqué reste positif après ce troisième match nul consécutif :
"Je ne retiens qu'une seule chose ce soir : le résultat". Carlos
Bianchi se confie : "Le public ? Tous les publics sont pareils ! Si un
jour, je reviens ici, il sera à nouveau pour moi !"
Dominique Baratelli et Dominique Bathenay débutent leur
carrière parisienne de manière catastrophique... Le noueau gardien de but parisien est sauvé par ses poteaux
sur deux frappes du Rémois Santamaria (26eme et 52eme) puis l'attaquant de Reims est
récompensé de sa persévérance lorsqu'il reprend un tir de Polaniok et ouvre le
score (59eme). Pérignon double la mise sur un centre en retrait (70eme) et malgré
un grand match de Baratelli, le meilleur parisien sur la pelouse, Paris
s'incline logiquement. Larqué est légitimement déçu par ce premier match raté en championnat : "C'est un résultat normal, car
les Rémois nous ont dominé dans tous les domaines. Nous avons encore beaucoup à
travailler..." Reims a bien débuté le championnat avec ce premier succès, mais la saison sera catastrophique avec une relégation... et seulement trois victoires en championnat !
acte 12, 20 juillet 1979 : Reims -PSG 3-1, amical
Le PSG se déplace à Reims, désormais en D2, et va connaître une défaite inquiétante malgré les grands débuts de la star portugaise Joao Alves après la pause. L'histoire retiendra que le buteur de Reims Jean-François Charbonnier, auteur d'un triplé, rejoindra le PSG quelques saison plus tard.
acte 13, 16 juillet 1985 : Bastia -PSG 2-4, championnat
acte 13, 16 juillet 1985 : Bastia -PSG 2-4, championnat
Le PSG débute le championnat sur terrain neutre (le stade
bastiais de Furiani est suspendu) avec
sept nouveaux joueurs. Paris, avec un style de jeu
agréable inscrit deux buts avant la pause : sur un coup-franc de Susic,
Rocheteau s'engage et marque d'une balle piquée (27eme) puis une frappe lointaine
de Susic finit sa course dans la lucarne (41eme). Les parisiens, euphoriques,
poursuivent sur ce rythme, Susic lance Rocheteau pour une nouvelle balle piquée
victorieuse (49eme). C'est la copie conforme du premier but parisien. Cinq
minutes plus tard, Susic réussit sa troisième passe décisive du jour, cette
fois-ci à destination de Da Fonseca qui marque... d'une balle piquée (54eme). Meyer sur penalty (70eme) puis
Soler (74eme) réduisent le score. Dans la dernière minute de la rencontre, le
bastiais Orlanducci agresse Da Fonseca, victime d'une luxation
cromio-claviculaire à l'épaule et indisponible pour plus d'un mois. Malgré ce
coup du sort, Houiller est satisfait pour ses débuts : "Nous avons fait
preuve d'une grande supériorité dans tous les comportements du jeu, même si le
relâchement général après une heure ne me satisfait pas."









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