
BUTEUR NE
179 buts en 220 matches de championnat : tel est le bilan de Carlos Bianchi, qui réussit en 1978/79 sa saison la plus aboutie à Paris. 39 buts en 41 matches officiels, le buteur argentin tutoie la perfection avec une moyenne incroyable d’un but par match !
Triple meilleur buteur du championnat avec Reims, vous rejoignez le PSG, pourquoi ?
Le challenge que me proposait le PSG m’avait séduit, le président parisien Daniel Hechter m’avait expliqué qu’il souhaitait faire une grande équipe à Paris.
On prétend que vous avez des problèmes de vue...
Je suis myope depuis l’âge de 20 ans, c’est pour cela que je jouais au poste d’avant-centre. Cela me permettait de mieux voir le but adverse pour marquer !
Le début de saison est catastrophique (aucune victoire en 5 matches, dernier du championnat). Avez vous douté ?
Non, jamais. Je me souviens que Francis Borelli était venu me chambrer amicalement car Roger Milla, qui jouait a Valenciennes, avait déjà inscrit 6 buts et mon compteur était bloqué à 3. Nous avons fait un pari. A la fin de la saison j’en avais marqué 37 et Roger est resté à 6 buts.
Vous êtes le premier buteur parisien à réussir un quadruplé en D1
Le 14 octobre 1977, on écrase Troyes 8-2 au Parc des Princes (le plus gros score pour le PSG en première division à ce jour) et j’inscris un quadruplé ! Je me souviens particulièrement d’un but, sur une frappe du pied droit d’environ 35 mètres, après avoir pivoté. C’était du côté de la tribune Boulogne.
En novembre 1977, vous ridiculisez Saint-Etienne au Parc. Comment expliquer que le PSG réussisse toujours face à la meilleure équipe française à l’époque ? Le PSG était toujours motivé contre les grandes équipes et ratait souvent ses matches face aux petits clubs. On se prenait pour un grand club alors que pour l’être, il faut gagner des championnats, des coupes…
Comment avez vous vécu le départ de Daniel Hechter en janvier 1978 suite à l'affaire de la double billetterie et de la caisse noire du club ?
J’ai été très déçu par le départ de notre président. Il a été trahi par des personnes qui se disaient ses amis. Pour moi c’est un Monsieur ! Tous les supporters du PSG devraient le remercier d’avoir relancé le club. Avant son départ, on écrase l’OM au Parc des Princes (5-1, le 08-01-1978)
Vous souvenez vous des matches face à Marseille, le "clasico" français, vous qui avez connu des oppositions ente les deux grands clubs argentins Boca Juniors et River Plate ?
il est difficile pour moi de comparer la rivalité entre les deux clubs avec les derbys entre River Plate et Boca Juniors en Argentine pour le « Superclasico ». Le match Boca- River, c’est la rencontre qui divise tout notre pays, car Boca Juniors, considéré comme le club du peuple, c’est 40 % des habitants argentins et River Plate, plus proche de la bourgeoisie, compte 30% de supporters. La rivalité entre Paris et Marseille c’est plutôt l’opposition entre les deux plus grandes villes de France.
Vous terminez second au Soulier d'Or... (classement des meilleurs buteur européens)
Je termine meilleur buteur de D1 mais je rate le Soulier d’or de justesse au profit de l’Autrichien Krankl. Ce trophée, on me l’a volé ! Le championnat autrichien était composé de dix équipes avec quatre matches en aller et retour. Jouer quatre fois contre le dernier et l’avant-dernier donnait la possibilité de marquer beaucoup de buts. Cela n’enlève en rien les qualités de buteur qu’avait Hans Krankl.
Vous quittez le PSG après seulement deux saisons, pourquoi ?
A cette époque, le club n’était pas du tout organisé, on avait même terminé 13ème lors de ma seconde saison à Paris. Pour ma part, je conçois le football comme un métier et nous devions être tous très professionnels.
Vous êtes le plus français des Argentins. Qu’appréciez vous de notre pays ?
Nous sommes franco-argentins, même si mes enfants sont nés a Buenos-Aires. De la France, j’apprécie tout et je reviens dans votre pays deux à trois fois par an.
Avez vous des regrets sur votre carrière ? Ne jamais avoir entraîné la sélection d'Argentine ?
Je n’ai jamais entraîné la sélection car je l’ai refusé trois fois. Je suis très fier de ma carrière, j’ai été élu à trois reprises comme le meilleur entraîneur du monde, j’ai gagné trois coupes Intercontinentales, 4 titres de champion d’Amérique du Sud et 8 championnats argentins. Finalement, ma carrière comme entraîneur m’a donné le palmarès que je n’ai pas eu à l’époque ou je jouais.
Pour finir, que pouvez-vous souhaiter au PSG pour son 40ème anniversaire ?
Je lui souhaite de redevenir une grande équipe et pour réussir je suis convaincu qu’à tous les niveaux du club, du président jusqu’au dernier des joueurs, il faut être tous supers professionnels.
SON PALMARES
INTERNATIONAL ARGENTIN (14 sélections, 7 buts)
5 titres de meilleur buteur du championnat de France (1974,1976,1977,1978,1979), 3 en Argentine (1970,1971,1981)
Entraîneur : 3 coupes Intercontinentale (1994,2000,2003), 4 Copa Libertadores (1994,2000,2001,2003)