Le 9 novembre 1977, le PSG
accueille Saint-Etienne au Parc des Princes. Les Verts sont largement favoris
mais Paris n'est jamais aussi fort que face aux ténors du championnat :
Mustapha Dahleb marque trois buts et participe activement à un prestigieux
succès (4/1). Daniel Hechter perd rapidement le sourire en constatant après la
rencontre que l'affluence officielle est de 38.0000 personnes, alors que le
stade était archi-plein !... Deux jours plus tard, il décide de licencier
discrètement le responsable financier du club, Alain Rosen. C'est le début de
l'affaire de "la caisse noire".
Comment fonctionne cette
caisse noire ?? Le responsable de l'imprimerie des billets révèle alors que
plus de 60.000 billets lui sont commandés depuis plusieurs matches, alors que la
contenance du Parc est d'environ 50.000 spectateurs. Les billets imprimés en
plus sont alors vendus officieusement, pour alimenter la caisse noire et régler
des primes aux joueurs. Cette pratique lèse le club visiteur et Le Groupement,
qui perçoivent un pourcentage sur chaque place.
Photo ci dessus :
PSG-Saint-Etienne, le 8ème match de la saison par qui le scandale arrive (merci
à Philippe Broussard pour ce ticket)
Le 13 décembre, les dirigeants parisiens informent la Fédération Française de Football de l'existence de ce système de double billeterie et d'un détournement de fonds servant à verser des primes non déclarées aux joueurs. Daniel Hechter propose alors un remboursement au FISC, mais le quotidien "France Soir" révèle l'affaire dans son édition du 20 décembre.Tout s'enchaîne dramatiquement pour le club : la presse annonce que le président parisien, en congés à l'étranger, serait parti pour échapper à la justice !
Le 13 décembre, les dirigeants parisiens informent la Fédération Française de Football de l'existence de ce système de double billeterie et d'un détournement de fonds servant à verser des primes non déclarées aux joueurs. Daniel Hechter propose alors un remboursement au FISC, mais le quotidien "France Soir" révèle l'affaire dans son édition du 20 décembre.Tout s'enchaîne dramatiquement pour le club : la presse annonce que le président parisien, en congés à l'étranger, serait parti pour échapper à la justice !
Le 30 décembre, Daniel Hechter rentre
enfin en France pour s'expliquer mais nie toute responsabilité :
"L'administration n'est pas ma partie. Ce sont les problèmes sportifs qui
sont surtout de ma compétence, c'est pourquoi la double billetterie a pu,
pendant quelques mois, être créée et fonctionnée à mon insu. Alain Rosen, pour
sa part, affirme que la création d'une caisse noire au PSG remonte au mois de
décembre 1975 ! Daniel Hechter nie mais concède qu'il avait demandé lors de la
saison 1976-77 au directeur administratif du club, Philippe Lacourtablaise,
d'imprimer pour une duréede neuf mois un supplément de billets sur les grosses
recettes, pour combler le déficit du club, mais qu'il croyait que ces pratiques
avaient depuis cessé. Pour plaider sa bonne foi, le président parisien rappelle
que c'est lui-même qui avait décidé de porter plainte après le match de
Saint-Etienne et que son investissement financier personnel pour le club depuis
1973 n'est plus à démontrer. Mais l'affaire fait désormais la une de la presse,
et la sanction semble inévitable...
Le 6 janvier 1978, cinq personnalités du
football français, "Le Comité des 5", composé de responsables du
Groupement (ex Ligue de football professionnel)
se réunissent pour juger l'affaire, et Daniel Hechter. Le sort de
Philippe Lacourtablaise, qui assume tout, est déjà scellé. Michel Peschaud,
vice-président du club nommé par R.T.L, est suspendu pour une durée
indeterminée. La première audition est celle de Daniel Hechter à 16h45, et la
délibération commence à 21h30. A l'énoncée du verdict, qui confirme sa
radiation à vie du football professionnel, Daniel Hechter réagit avec virulence
et conteste la régularité du jugement : "C'est un scandale, c'est une parodie
de justice !". R.T.L, principal associé du club, se réserve le droit de
retirer sa participation, mais va finalement rester fidèle au club de la
Capitale. L'avenir du club semble incertain, malgré la probable nomination d'un
nouveau président, un certain Francis Borelli...
Le 8 janvier, les joueurs vont
rassurer les amoureux du club en écrasant le leader du championnat, Marseille
(5/1). Au coup de sifflet final, le capitaine du club Mustapha Dahleb remet le
ballon du match à son ancien président, qui quitte la tribune sous les
applaudissements du public parisien. Larqué explique ce geste : "Je trouve
normal que les gars aient voulu rendre hommage à leur ex-président. Il a pris
le club en D.2, il le laisse en première division. C'est un beau cadeau qu'il fait
aux Parisiens !"
Daniel Hechter déclare alors
: "le PSG, c'est bien fini. Mais l'affaire est loin d'être terminée. Le 12
février, il fera officiellement appel de cette décision et ira jusqu'au Conseil
d'État pour faire annuler sa radiation. Le 19 décembre 1980, la radiation sera
finalement invalidée...




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